Cinéma coréen
Conférences sur le « tabou »
Dans le cadre de la 6e édition de l'Agora du cinéma coréen qui aura lieu du 16 au 23 novembre 2010 au cinéma Pathé Docks 76 à Rouen, l'AASCC est heureux de vous proposer plusieurs conférences sur la thématique du tabou qui auront lieu, le jeudi 18 novembre 2010 à partir de 17h30 à la maison de l'université de Mont Saint-Aignan.
Entrée libre
Pour nous contacter : cescc_coree@yahoo.com
Tel. 06 81 48 32 58
Programme
Laurent Sauvet
Vice-président de l'AASCC et Doctorant à l'université de Rouen
18h00 - 18h10
Ouverture de la conférence
Jean-Pierre Kamieniak
Maître de conférences en psychologie clinique à l'université de Rouen et psychanalyste
18h10 - 18h40
Freud, l'interdit et l'énigme du tabou

photo : © Jean-Pierre Sageot

Si l'assimilation du tabou à l'interdit est chose fréquente, elle est cependant erronée ou, à tout le moins, insuffisante, car leur nature et leurs processus ne sont pas identiques, ne serait-ce que parce que le tabou s'impose au sujet de manière contraignante indépendamment de toute considération réflexive et de toute signification. De fait, il faudra toute la sagacité de Freud et la compréhension qu'il apporte à la fois du développement psychosexuel et du fonctionnement psychique de l'être humain pour en résoudre l'énigme ainsi que cette conférence entend le montrer. Car c'est en effet en dernière instance aux interdits fondamentaux et fondateurs de l'humanisation que renvoie l'existence des tabous, laquelle s'origine et se perpétue dans la permanence des désirs incestueux et meurtriers enfouis au plus secret de la psyché, et d'autant plus actifs qu'ils sont inconscients. C'est pourquoi, bien que la signification profonde des conduites taboues échappe à ses acteurs, ceux-ci ne peuvent cependant pas s'en affranchir.
MOON Kyu-young
Chargée des études coréennes à l'Université de Rouen
18h40 - 19h10
Le Keum-gui 금기, en coulisse chez
les Coréens

Bien que la transgression du « tabou » (Geum-gui en coréen) continue à peser sur les consciences, sa condamnation morale et les châtiments qui en découlent ne sont guère homogènes d'une société à l'autre ni immuables dans le temps. Si le « tabou » évoque communément la sexualité, ce n'est pas l'acte incestueux ou pédophile qui vient en premier lieu à l'esprit des Coréens mais plutôt l'adultère commis par la femme (par opposition à l'aventure pour l'homme) ou l'homosexualité, perçue comme une honte familiale impardonnable. Le sens du devoir des membres d'une famille en l'honneur de leurs ancêtres et envers leurs descendants reste encore bien ancré dans les mentalités coréennes. S'y ajoutent les points sen- sibles spécifiques à ce peuple mono-ethnique prétendu de sang pur, héritier confucéen malgré lui et en pleine mutation vers une société mature déjà passée à l'ère numérique.
Hélène Charbonnier
Vice-présidente de l'association Racines coréennes
19h10 - 19h40
L'adoption internationale d'enfants d'origine coréenne : un statut « tabou » et sa perception du point de vue
de l'adopté

photo : Droits réservés © Gérard Paul

L'association Racines Coréennes, fondée par des adoptés d'origine coréenne pour des adoptés d'origine coréenne a un caractère humanitaire et culturel. Elle a pour but de favoriser la rencontre des Coréens adoptés en France, et de promouvoir les échanges socioculturels entre Français et Coréens principalement, sans pour autant exclure les autres nationalités. L'intervention posera le cadre de l'adoption internationale d'enfants d'origine coréenne, de mettre à jour un questionnement relatif au statut de « l'adoption », tabou, pour qui et pourquoi, et l'impact éventuel du point de vue des adoptés. Il s'agira dans un premier temps de proposer une tentative de définition, de la perception d'un « caractère » et d'un « phénomène » qualifié « taboue », entre imaginaire et réalité, entre le collectif et l'intime. Ensuite, il conviendra de s'interroger sur la transgression de l'abandon, dans ses modalités et ses valeurs, et ceci respectivement à « l'enfant-tabou » et à « l'enfant-adoptée ». Ainsi, Racines Coréennes étant largement impliquée – car sa mission s'inscrit dans des dynamiques gouvernementales en France et en Corée – il sera essentiel de mettre à jour les actions et perspectives d'actions des adoptés d'origine coréenne dans le monde, et de dresser un bilan.
LIM Won-shik
Réalisateur et Président de la Jeju Film Commission
19h40 - 20h10
La censure politique dans
le cinéma coréen


Durant les trois premières décennies de l'ère de la République de Corée d'après guerre (la guerre de Corée de 1950 à 1953), le cinéma coréen connut son apogée en terme de quantité, mais ceci au prix d'un effort très important pour les cinéastes. Mis en place suite à un coup d'État militaire en 1961, le gouvernement utilisa tous les moyens nécessaires pour détecter les moindres mouvements et expressions contre les politiques menées par le régime dictatorial. Conformément à la loi sur le cinéma arrêtée en 1962, les autorités exercèrent le contrôle à tous les échelons de l'industrie cinématographiques. « The Sino Japanese War and Queen Min the Heroin » fut interdit le premier jour de sa sortie au cinéma Myeongbo en 1963, sous prétexte de la détérioration des relations diplomatiques nippo-coréennes en raison du contenu lié à l'assassinat de la dernière reine Min par les samouraïs japonais… Cette barbarie insensée pour les artistes ne fut que le début des jeux politiques.




























